vendredi
02 août 2002 - 21h15
La Maison Blanche
va autoriser les OGM dans l'alimentation
WASHINGTON
(AFP) - L'administration
Bush s'apprête à autoriser l'introduction désormais dans l'alimentation
humaine de petites quantités de plantes transgéniques (OGM)
expérimentales non encore approuvées par les autorités sanitaires,
selon un projet réglementaire élaboré par les services de
la Maison Blanche et publié vendredi dans le Registre fédéral.
Cette proposition,
rédigée par le bureau pour la politique scientifique et technologique
de la Maison Blanche, part du constat qu'il devient de plus
en plus difficile d'éviter une contamination des cultures
commerciales par des plants génétiquement modifiés encore
au stade expérimental.
Elle cite ainsi
le risque grandissant de "pollution génétique", résultant
d'une pollinisation croisée entre cultures conventionnelles
et plantes génétiquement modifiées expérimentales et cultivées
sur des parcelles à ciel ouvert ou plus ou moins confinées.
"La probabilité
d'une pollinisation croisée due à une dérive pollinique des
champs expérimentaux vers les champs commerciaux et le mélange
des graines produits lors des essais avec les graines utilisées
commercialement pourrait s'accroître", souligne ainsi le texte.
"Cela pourrait
entraîner la présence intermittente et en petites quantités
de gènes obtenus par biotechologie et de produits génétiques
(dans les produits d'alimentation vendus) dans le commerce
et qui n'ont pas fait l'objet de tous les examens réglementaires
applicables", poursuit la directive (Federal Register, 2 août,
2002, volume 67, number 149, 50577-50580).
La directive
estime que le risque que ces "gènes" ou ces "produits génétiques"
se retrouvent dans le commerce est un "risque acceptable".
Cette mesure,
si elle était promulguée par le président George W. Bush,
constituerait une importante victoire pour l'industrie biotechnologique
qui fait pression depuis longtemps en sa faveur, par crainte
d'une avalanche potentielle de poursuites en justice aux Etats-Unis
et des craintes que suscitent les OGM chez de nombreux partenaires
commerciaux.
Aujourd'hui,
la réglementation exige que les produits alimentaires contenant
des OGM soient approuvés sur le plan sanitaire et à plusieurs
échelons pour la consommation humaine ou animale avant d'être
commercialisés.
Les nouvelles
dispositions prévoient une "évaluation sanitaire abrégée"
du matériel génétique des cultures OGM expérimentales.
Cette évaluation
limitée "fournit une couverture juridique aux fabricants d'OGM
et permet aux cultures génétiquement modifiées de pénétrer
dans l'alimentation aux Etats-Unis sans une supervision complète
et une revue sanitaire", ont déploré deux groupes de défense
des consommateurs dans un communiqué commun.
vendredi
02 août 2002 - 21h50
Washington va
autoriser des OGM expérimentaux dans l'alimentation
WASHINGTON
(AFP) - L'administration
Bush s'apprête à autoriser, en estimant le risque "acceptable",
l'introduction dans l'alimentation humaine de petites quantités
de plantes transgéniques (OGM) expérimentales, une mesure
dénoncée avec indignation par des organisations de défense
des consommateurs.
Cette proposition,
rédigée par le bureau pour la politique scientifique et technologique
de la Maison Blanche, fait l'objet d'une publication vendredi
dans le Registre fédéral. (2 août, 2002, volume 67, number
149, 50577-50580). Si elle est promulguée par le président
George W. Bush, cette nouvelle règlementation constituera
une victoire de taille pour l'industrie biotechnologique qui
fait pression depuis longtemps en sa faveur, par crainte notamment
d'une avalanche potentielle de poursuites en justice.
Selon l'administration
américaine, il devient de plus en plus difficile d'éviter
une contamination des cultures commerciales en raison des
risques de "pollution génétique" résultant de la pollinisation
croisée entre cultures conventionnelles et plantes transgéniques
expérimentales, cultivées sur des parcelles à ciel ouvert.
Ces dernières sont passées de 2.800 hectares en 1994 à 22.800
hectares l'an dernier aux Etats-Unis.
"La probabilité
d'une pollinisation croisée due à une dérive pollinique des
champs expérimentaux vers les champs commerciaux et le mélange
des graines produites lors des essais avec les graines utilisées
commercialement pourrait s'accroître", souligne ainsi le texte.
"Cela pourrait
entraîner la présence intermittente et en petites quantités
(dans les produits alimentaires vendus) dans le commerce de
gènes obtenus par biotechologie et de produits génétiques,
qui n'ont pas fait l'objet de tous les examens règlementaires
applicables", souligne la directive, en estimant ce risque
"acceptable".
En
2001, 35,2 millions d'hectares d'OGM étaient cultivés aux
Etats-Unis (52 millions au total dans le monde).
Aujourd'hui,
la règlementation exige que les produits alimentaires contenant
des OGM (commercialisés pour la première fois en 1996) soient
approuvés sur le plan sanitaire à plusieurs échelons pour
la consommation humaine ou animale avant d'être commercialisés.
Ainsi, les
cultures d'OGM doivent être approuvées par le département
de l'Agriculture pour leur exploitation à ciel ouvert afin
de s'assurer qu'ils ne menacent pas d'autres plantes.
Si les OGM
contiennent des pesticides, l'Agence de protection de l'environnement
(EPA) doit certifier qu'ils sont sûrs pour la consommation
et pour l'environnement.
Enfin, l'Agence
fédérale de contrôle pharmaceutique et sanitaire (FDA) prévoit
un examen mais sur une base volontaire.
Or les nouvelles
dispositions prévoieraient désormais une "évaluation sanitaire
abrégée" du matériel génétique des cultures OGM expérimentales.
L'Organisation
de l'industrie biotechnologique (BIO) s'est félicitée de cette
"amélioration du processus règlementaire", estimant qu'elle
ajoutait "un degré supplémentaire d'assurance" pour le consommateur.
Mais deux organisations
de consommateurs ont brocardé cette évaluation limitée qui
"fournit une couverture juridique aux fabricants d'OGM".
"L'administration
vient d'admettre qu'elle ne peut protéger notre alimentation
contre les cultures transgéniques encore au stade des essais",
a dénoncé Joseph Mendelson, directeur juridique du Center
for Food Safety (CFS).
"Une erreur
- une seule - de la part d'une société biotechnologique, et
nous allons manger de l'alimentation contaminée par des OGM
dont l'administration ne pourra pas prétendre qu'elle ne présente
aucun danger", a-t-il ajouté.
"L'administration
Bush donne un laissez-passer aux sociétés biotechnologiques
pour qu'elle pollue notre alimentation", a accusé Matt Rand,
du National Environmental Trust (NET), en avertissant: "Les
consommateurs américains et le reste de la communauté internationale
vont prendre note". .