Pétrolier
le Prestige
jeudi
14 novembre 2002, 15h30
Un pétrolier
a perdu de 1.500 à 3.000 t de fioul au nord de l'Espagne
Le pétrolier "prestige" en perdition
jeudi au large de la Galice Par Pescai
LA COROGNE (AFP)
- Le pétrolier "Prestige", victime d'une voie d'eau au large de
la Galice (nord-ouest de l'Espagne), et qui se trouvait à quelque
5 milles nautiques (9km) de la côte, a perdu en mer entre 1.500
et 3.000 tonnes de fioul, ont annoncé jeudi les autorités locales.
Quatre remorqueurs
tentaient d' éloigner le navire, qui transporte 77.000 tonnes
d'hydrocarbure, ont précisé le délégué du gouvernement en Galice,
Arsenio Fernandez de Mesa, et le directeur général de la marine
marchande, José Luis Lopez, lors d'une condérence de presse à
La Corogne.
Les conditions
météorologiques se sont améliorées et évoluent "favorablement",
selon M. Fernandez de Mesa.
Le pétrolier battant
pavillon des Bahamas avait signalé une voie d'eau et commencé
à gîter fortement mercredi à 28 milles nautiques (51,8 km) de
la côte en pleine tempête, et réclamé l'évacuation de son équipage,
opération qui avait été achevée dans la soirée.
Depuis lors, il
aurait perdu en mer entre 1.500 et 3.000 tonnes de fioul, ont
indiqué les deux responsables.
Il s'est en outre
déplacé d'une vingtaine de milles nautiques vers la côte. Les
hélicoptères surveillant la nappe d'hydrocarbure d'environ 5 milles
nautiques (9,2 km) de long pour 300 m de large ont établi qu'elle
ne s'était pas modifiée au cours des dernières heures, conduisant
à penser que le réservoir endommagé était désormais vide, selon
les secours en mer, dépendant du ministère des Transports.
Le navire de 243
m de long et de 81.574 tonnes a pu être amarré jeudi en fin de
matinée à un remorqueur, après une nuit d'efforts rendus vains
par gros temps.
Le président de
la région autonome de Galice, Manuel Fraga, a déploré devant la
presse que tant que demeurera le moratoire "obtenu par divers
groupes de pression" sur les double coques pour les pétroliers,
il n'y aura "pas de possibilité d'éviter" les catastrophes écologiques
du type de celle qui menace.
vendredi 15
novembre 2002, 13h30
Le pétrolier
Prestige continue de s'éloigner de la côte de Galice
Le pétrolier Prestige dérive
jeudi en laissant derrière lui une nappe de fuel Par Lavandeira
LA COROGNE (AFP)
- Le pétrolier Prestige victime d'une avarie continuait vendredi
de s'éloigner de la côte de Galice (nord-ouest de l'Espagne),
à plus de 60 milles nautiques, escorté par cinq remorqueurs et
une frégate de la marine espagnole, a-t-on appris auprès de la
délégation du gouvernement (préfecture) en Galice.
Le pétrolier, battant
pavillon des Bahamas, devrait être remorqué jusqu'à 120 milles
nautiques, conformément aux instructions données par le gouvernement
espagnol, a-t-on précisé de même source. A cette distance de la
côte, il devrait ultérieurement, selon la presse, être pris en
charge par une entreprise néerlandaise spécialisée dans le sauvetage
maritime, engagée par l'armateur grec du navire.
Les moteurs du
navire qui transportait 77.000 tonnes de fuel et gîtait jusqu'à
25 degrés après avoir subi une voie d'eau mercredi par gros temps,
ont pu être remis en marche, et le pétrolier s'est redressé sur
son axe de navigation.
La nappe de fuel
que le Prestige a perdu en mer à quelque cinq milles nautiques
du Cap Tourinan, à l'ouest de la côte galicienne, s'est scindée
en deux nappes distinctes, de cinq et six milles nautiques, selon
le ministère des Transports à Madrid.
La quantité de
fuel déversée dans la mer est finalement estimée à 1.500 tonnes,
selon la préfecture de Galice.
"Nous avons cru
qu'il y avait une fuite dans deux réservoirs, mais en fait, l'inspecteur
de la marine marchande qui s'est rendu à bord a confirmé qu'il
ne s'agissait que d'un seul", a déclaré à l'AFP un porte-parole
de la préfecture de Galice.
Vendredi matin,
le directeur général de la Marine marchande espagnole et le Capitaine
du port de La Corogne ont inspecté en hélicoptère la zone polluée.
Les autorités locales
cherchent ainsi à déterminer les endroits où placer les 8 km de
barrières acheminées sur place, ainsi qu'une douzaine de pompes
et des réservoirs flottants destinés au stockage du fuel, afin
d'éliminer la nappe et d'éviter qu'elle n'affecte le littoral
galicien.
Jeudi, un plan
d'intervention franco-espagnol baptisé "Biscaye Plan" a été déclenché
à la demande des autorités espagnoles, afin de mobiliser des moyens
antipollution autour du pétrolier, selon les autorités maritimes
françaises.
Vingt-quatre des
vingt-sept membres de l'équipage, de nationalité roumaine et p
hilippine, avaient été évacués mercredi après-midi tandis que
le capitaine, son second et le chef des machines, tous de nationalité
grecque, étaient restés à bord.
L'avarie due selon
les premiers éléments à l'usure de ce pétrolier monocoque construit
au Japon en 1976, appartenant à l'armateur grec Mare Shipping
Inc., reliant les ports de Riga (Lettonie) à celui de la colonie
britannique de Gibraltar et battant pavillon de complaisance des
Bahamas, a relancé le débat sur la sécurité maritime.
Et ce d'autant
plus que ce navire "cosmopolite", à l'équipage composé de Grecs,
Roumains et Philippins, a été dénoncé à deux reprises pour des
manquements à la sécurité en 1999, dans les ports de New York
et de Rotterdam, selon les autorités maritimes espagnoles.
Le gouvernement
espagnol a dénoncé la situation du Prestige auprès de la Commission
européenne à Bruxelles en accusant Gibraltar, territoire de 6
km2 que Madrid revendique, de ne pas appliquer les normes communautaires
en vigueur sur le contrôle maritime, et de "concurrence déloyale"
dans l'approvisionnement des navires en raison de son statut de
paradis fiscal.
"Au regard de la
législation actuelle, les Etats membres doivent contrôler 25%
des bateaux qui rentrent dans leurs ports. Or ce bateau n'a pas
été contrôlé depuis 1999", alors qu'il a fait plusieurs fois escale
à Gibraltar, a expliqué à Bruxelles le porte-parole de la commissaire
européenne chargée des Transports, Loyola de Palacio.
Dans un communiqué,
le gouvernement de Gibraltar a affirmé que le Prestige n'avait
fait escale qu'une fois en quatre ans dans la colonie britannique,
en juin dernier et a dénoncé la collusion entre la commissaire
aux Transports, dont la soeur est la ministre espagnole des Affaires
étrangères Ana Palacio, et le gouvernement de Madrid.
Le gouvernement
gibraltarien a également démenti que la destination du Prestige
soit le port de Gibraltar et a affirmé qu'il respecte pleinement
les normes en vigueur du contrôle maritime.
"L'Espagne et la
commission européenne ont dégainé trop vite, et il semble qu'ils
se soient tiré dans le pied", a déclaré le gouverneur de Gibraltar,
David Durie .
lundi 18 novembre
2002, 9h46
Marée noire:
la Galice sous la menace d'une nouvelle fuite
LA COROGNE (AFP)
- Le pétrolier Prestige a perdu à nouveau du fioul à 72 milles
nautiques au large de la côte de région autonome de Galice (nord-ouest
de l'Espagne), a-t-on appris lundi auprès de la délégation du
gouvernement central en Galice.
Les techniciens
qui ont survolé la zone ont vu une nouvelle nappe d'hydrocarbures
de 3 milles nautiques de long pour un mille de large tandis que
des nappes éparses de fioul, déversées depuis mercredi, ont souillé
quelque 200 km de côte.
Une fissure dans
un troisième réservoir du pétrolier, en difficulté depuis mercredi
dernier au large de la Galice, est vraisemblablement la cause
de cette nouvelle fuite tandis que le navire est toujours amarré
par deux remorqueurs espagnols afin de l'éloigner du littoral.
La France est prête
à faire face à une éventuelle pollution si la marée noire provoquée
par le pétrolier Prestige au nord-ouest de l'Espagne arrivait
sur les côtes françaises, a assuré lundi le secrétaire d'Etat
aux Transports et à la Mer, Dominique Bussereau.
"Sur l'ensemble
du littoral français, les moyens de préalerte POLMAR pour lutter
contre la pollution ont été mis en oeuvre", a-t-il précisé.
Il a indiqué qu'il
est "difficile de dire si la pollution peut atteindre les côtes
françaises" mais a estimé qu'il n'y a "pas lieu de s'alarmer pour
l'instant".
La France, qui
a envoyé sur la zone un bateau spécialisé dans la pollution et
un avion des douanes, aide l'Espagne "à faire en sorte que la
pollution n'atteigne ni les côtes espagnoles, ni les côtes françaises",
a-t-il ajouté.
Le commandant du
navire, Apostolus Maguras (grec), a été placé en détention provisoire
dimanche par la justice espagnole qui l'accuse d'un "délit écologique"
et de "désobéissance aux autorités".
Le pétrolier, appartenant
à une compagnie grecque et battant pavillon de complaisance des
Bahamas, effectuait la route entre Riga (Lettonie) et Singapour,
via Gibraltar, lorsqu'il a subi une avarie mercredi face à la
côte ouest de Galice.
Le pétrolier a
déjà laissé échapper 3.000 tonnes de pétrole alors qu'il en contient
60.000 et menace de se briser en deux.
Les premières nappes
de fioul arrivées sur les côtes galiciennes ont fait naître une
grande inquiétude chez les habitants de la région, mobilisés pour
nettoyer dimanche la partie centrale du littoral galicien, polluée
par le pétrolier Prestige qui risque toujours de se briser en
deux en haute mer.
"Le gouvernement
ne parle pas de marée noire mais il travestit la réalité. Il est
clair qu'il ne s'agit plus d'une simple fuite", affirme Sebastian
Losada, responsable de Greenpeace à La Corogne.
La préfecture régionale
de Galice estime le littoral souillé au moins en cinq endroits
à 40 km alors que le président de la confédération des associations
de pêcheurs de la Corogne, Esteban Lareo, rappelle lui que des
traces de fioul ont été observées sur 200 km.
Le gouvernement
approuvera en tout cas vendredi prochain des aides pour compenser
les pertes des familles, essentiellement des pêcheurs, affectées
par la marée noire.
Un arrêt du gouvernement
régional galicien a interdit la pêche et le ramassage de coquillages,
l'une des principales activités économiques de la région, sur
près de 100 km entre le cap Tourinan et le port de Caion, à quelque
20 km au sud-ouest de La Corogne.
Plus de 18 km de
barrages flottants ont été dressés autour des principaux ports
et des centres d'ostréiculture dans la région d'Espagne la plus
riche en ressources halieutiques.
Plusieurs dizaines
d'oiseaux de mer sont apparus couverts de tâches noires et des
écologistes ont commencé à s'en occuper .
mardi 19 novembre
2002, 9h23
Prestige: les
experts anti-pollution confrontés à "deux fois l'Erika"
PARIS (AFP)
- "Visqueux, épais, difficile à pomper": le fioul du pétrolier
Prestige, similaire à celui de l'Erika, coulé en 1999 au large
de la Bretagne, sera difficile à traiter, d'autant que les quantités
représentent "deux fois et demi l'Erika", a indiqué à l'AFP Michel
Girin, directeur du CEDRE, le centre français spécialisé dans
les marées noires.
"Pour nous, c'est
un nouvel Erika", constate le directeur du CEDRE, dont trois experts
sont sur les côtes de la Galice (nord-ouest de l'Espagne) menacées
d'une marée noire: même bateau ancien (1976), de passage dans
une zone difficile, en piètre état, transportant un produit similaire.
"La lutte contre
la marée noire sera longue et difficile", résume Michel Girin.
Le Prestige renferme dans ses cuves 77.000 tonnes de fioul lourd
très visqueux, à comparer aux 20.000 tonnes déversées par l'Erika
au large des côtes bretonnes en décembre 1999.
Le fioul lourd
offre "une faible tendance à l'évaporation et à la dispersion
naturelle."
Cela signifie que
"un tiers à la moitié des matériels disponibles pour lutter contre
ce type de pollution est inefficace", estime le CEDRE.
Le fioul du Prestige
déjà répandu sur les côtes de Galice (entre 4.000 et 8.000 tonnes)
devra être nettoyé, "comme pour l'Erika à la pelle, voire à la
main".
Eric Vindimian,
directeur à l'INERIS (Environnement industriels et risques) recommande
aux volontaires d'être très prudents.
"Les gants sont
obligatoires pour manipuler ces produits, qui contiennent des
hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes", met-il
en garde. Pour le directeur du CEDRE, le fait que le navire se
casse en deux représentait le pire scénario envisageable.
Il serait en effet
impossible de pomper l'épave si elle sombrait en profondeur: elle
continuerait de suinter. La population galicienne, qui a connu
trois marées noires depuis 1976, souhaitait à tout prix éloigner
le bateau de ses côtes.
Des barrages flottants
ont été mis en place le long de la côte galicienne, mais leur
efficacité est limitée.
"Ce type de barrière
est efficace pour les ports, les zones abritées, les petites baies,
mais pas pour les zones ouvertes", précise M. Girin. Le CEDRE,
basé à Brest (Bretagne) a dépêché trois experts en Espagne, dont
un à bord d'un remoqueur de la Marine française équipé pour la
lutte anti-pollution.
Le centre français
dispose d'une cellule d'alerte 24h/24 et intervient sur toutes
les gros accidents pétroliers, soit "un tous les six mois".
"Cela peut se reproduire
demain n'importe où", ajoute-t-il.
"On connait les
solutions: des bateaux plus récents, mieux entretenus, des armateurs
plus responsables, des navires qui passent plus loin des côtes."
mardi 19 novembre
2002, 12h24
Le pétrolier
Prestige se brise au large de la Galice
La plage de Valcobo recouverte
de pétrole Par Iago Lopez
LA COROGNE (AFP)
- Le pétrolier Prestige, dont les cales recèlent encore quelque
73.000 tonnes de fioul, s'est brisé en deux mardi matin au large
des côtes de Galice, au nord-ouest de l'Espagne, a annoncé la
délégation du gouvernement central en Galice.
Le pétrolier se
trouvait à 137 milles nautiques (253 km) au large de Corrubedo
et 133 milles du cap Finisterre, remorqué par un bâtiment chinois
affrété par l'entreprise néerlandaise de sauvetage en mer qui
l'a pris en charge, lorsqu'il s'est brisé.
Le délégué du gouvernement
en Galice, Arsenio Fernandez de Mesa, cité par l'agence Europa
Press, a assuré que le Prestige se trouvait "en eaux portugaises"
lorsque sa coque a cédé.
Le Portugal a
refusé lundi que le pétrolier accoste dans un de ses ports. Lundi,
une dizaine de pays européens ont proposé leur aide pour récupérer
le pétrole brut échappé des cuves du Prestige, endommagé au large
de la côte atlantique de la Galice (nord-ouest de l'Espagne),
en réponse à une requête de l'Espagne relayée par la Commission
européenne.
"De nombreux Etats
membres de l'UE ont mis à disposition des bâtiments et des équipements
techniques.
Un bâtiment français
est déjà sur place et un bâtiment néerlandais est en route", a
indiqué lundi la porte-parole de la commissaire européenne à l'Environnement,
Margot Wallstroem. "Les Italiens, les Portugais, les Suédois ont
aussi offert leur aide.
C'est le cas aussi
pour la Belgique, l'Allemagne, le Danemark et la Grèce", a-t-elle
précisé. La Norvège, qui n'est pas membre de l'Union européenne,
a également offert son assistance.
La Commission européenne
a par ailleurs "demandé, à la requête des autorités espagnoles,
des images satellites qui permettront aux Espagnols de mieux suivre
la situation", a précisé la porte-parole de Mme Wallstroem.
"La Commission,
les autorités espagnoles, la population civile sont très préoccupées
par le désastre écologique sur les côtes et essaient d'en limiter
l'ampleur", a-t-elle ajouté.
Une quarantaine
de kilomètres du littoral galicien, sur plus de 150 km au sud
de La Corogne, ont été souillés par les fuites de fioul du pétrolier
Prestige, qui se trouvait lundi midi à 202 km du Cap Finisterre.
La Commission européenne
a précisé lundi que l'Espagne pourrait, le cas échéant, réorienter
des fonds structurels européens d'aide aux régions défavorisées
en fonction des conséquences de la marée noire du Prestige, qui
risque d'affecter gravement le secteur de la pêche en Galice.
L'exécutif européen
n'a pas non plus exclu que cette marée noire puisse éventuellement
entrer dans le champ d'application du nouveau fonds de solidarité
européen pour les catastrophes.
Bruxelles a cependant
jugé "impossible de répondre pour l'instant" et a souligné que
le principe du "pollueur payeur" devait d'abord prévaloir.
"En ce qui concerne
le fonds de solidarité, il faudrait d'abord évaluer l'ampleur
du dommage et c'est loin d'être fait pour l'instant", a déclaré
le porte-parole du commissaire européen à la politique régionale,
Michel Barnier.
Dans tous les cas
de figure, "le principe fondamental est celui du pollueur-payeur
et si l'on peut indiquer du doigt l'origine de la pollution, c'est
là qu'il faut demander une contribution avant de recourir aux
fonds publics", a insisté la Commission.
mardi 19 novembre
2002, 20h51
LLe pétrolier
Prestige a complètement coulé
Le pétrolier en train de couler
LA COROGNE (AFP)
- Le pétrolier libérien Prestige a complétement coulé mardi dans
l'Atlantique avec sa cargaison de quelque 70.000 tonnes de fuel,
par 3.500 m de fond et à 270 km des côtes de Galice, risquant
de provoquer une catastrophe écologique à plus ou moins long terme.
Le pétrolier s'est
d'abord brisé en deux parties mardi, avant de couler complètement
vers 16h30 locales (15h30 GMT), a affirmé à l'AFP un porte-parole
de l'entreprise de sauvetage en mer néerlandaise Smit International,
qui avait pris en charge le bateau en le remorquant au large.
"Les deux parties
ont coulé", a déclaré Lars Walder. Il n'a pu préciser la quantité
de fuel déversée en mer lors du naufrage. "Nous espérons et pensons
que la majorité du fuel est restée dans l'épave du bateau, au
fond de la mer", a-t-il ajouté, précisant que la profondeur des
eaux à l'endroit du naufrage était de 3.500 m.
Cette profondeur
est "une raison pour laquelle nous sommes allés au large", a-t-il
souligné. "A la fin, le pétrole finira par remonter, mais ce pourra
être très lent", a-t-il signalé.
Le naufrage loin
des côtes signifie que le navire "constituera une source de pollution
permanente pendant de très longues années. Tout dépend de l'état
des cuves du bateau", selon un expert français, Michel Girin,
directeur du CEDRE, le centre français spécialisé dans les pollutions
marines, qui a cité l'exemple des pétroliers coulés pendant la
Seconde guerre mondiale qui polluent encore les mers du Pacifique.
"S'il n'y a pas
de casse lors du naufrage, libérant de grandes masses de fioul,
on s'expose à une pollution diffuse, par suintement, qui peut
durer des années", a expliqué pour sa part un chercheur de l'Ifremer
(Institut de recherche pour l'exploitation de la mer), Jacek Tronczynski.
Un chercheur espagnol
de l'Institut de Catalyse et de Pétrochimie, Antonio Cortés, a
lui jugé que "couler est la meilleure des choses qui pouvait arriver
au Prestige", car le fuel qu'il transportait va ainsi se solidifier
sur le fond marin, en raison de la pression et des basses températures,
sans provoquer de nouvelles nappes à la surface.
L'organisation
écologiste Greenpeace a dénoncé les "lourdes conséquences sur
l'environnement" qu'aura le naufrage, selon la porte-parole Loes
Visser.
"Ce n'est pas uniquement
le pétrole qui se déverse sur les côtes qui est dangereux mais
aussi celui qui se répand sur les fonds marins et qui va détruire
les coraux, les poissons et d'autres espèces marines", a déclaré
à l'AFP un des experts de Greenpeace, Eco Matser.
Selon lui, même
le pétrole contenu dans les compartiments encore intacts du pétrolier
constitue une menace sérieuse pour l'environnement car il "finira
un jour par s'écouler dans la mer".
Au moment de la
rupture du Prestige en deux parties, une nouvelle quantité de
fioul s'est répandue en mer, pouvant aller jusqu'à 6.000 tonnes,
selon le délégué du gouvernement central en Galice, Arsenio Fernandez
de Mesa.
Cette nouvelle
fuite s'ajoute aux 4.000 tonnes de fioul déversées, selon les
estimations des autorités espagnoles, depuis l'avarie mercredi
dernier du pétrolier, qui transportait à l'origine 77.000 tonnes
de pétrole brut. Les autorités portugaises ont commencé à se préparer
contre une éventuelle pollution.
Il y a "de sérieuses
chances que la côte portugaise soit atteinte par la marée noire",
a estimé le commandant Louro Alves, responsable du port de Viana
do Castelo, le plus au nord du Portugal.
En France, la préfecture
de Gironde a jugé qu'une contamination du littoral atlantique
français "n'est pas à exclure".
En Espagne, le
nettoyage des plages et des nappes proches de la côte se poursuivait
mardi, de même que l'évaluation des dommages causés aux pêcheurs,
dont l'activité est la première ressource économique de Galice.
Plus de 250 oiseaux
contaminés ont déjà été recueillis, selon la Société espagnole
d'ornithologie. La commissaire européenne aux Transports, Loyola
de Palacio, a écrit aux Etats membres de l'UE pour leur rappeler
leurs "obligations politiques" en matière de sécurité maritime,
a annoncé mardi son porte-parole à Bruxelles.
Le président français
Jacques Chirac s'est dit mardi "horrifié" par la catastrophe et
"cette espèce d'incapacité des responsables politiques, nationaux
et européens, à prendre les mesures qui s'imposent pour lutter
contre le laxisme avec lequel on laisse se développer des bateaux
poubelles".
CEDRE
(L'accident du prestige).
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